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La série noire d'accidents du travail continue chez ArcelorMittal


Publié le 20 juil. 2015 13:00:00

 

Dans l'après-midi du 14 juillet, un intérimaire est mort sur le site dunkerquois d'ArcelorMittal de Grand-Synthe. Originaire de Calais, l'homme âgé de 41 a fait une chute dans le trou de coulée du haut-fourneau numéro 4. 

La fonte en fusion, qui sort à 1.200° C, n'a laissé aucune chance au malheureux qui intervenait dans le cadre d'une mission d'intérim. Son corps sans vie a été retrouvé.

Malgré de gros efforts fournis en matière de prévention des risques professionnels, le groupe sidérurgiste a donc dû déplorer un troisième accident mortel sur un de ses sites en quelques mois. En effet, en décembre 2014, un accident du travail avait déjà coûté la vie à un salarié de l’entreprise sidérurgique de 36 ans, percuté par une chargeuse. Le 12 avril dernier, c'est encore un intérimaire de 21 ans qui décédait suite à un écrasement entre deux wagons, À chaque fois, ces accidents ont eu lieu dans des secteurs et des circonstances très différents.

Même si la sidérurgie reste un secteur d'activités particulièrement dangereux et où les accidents peuvent avoir des conséquences dramatiques, ces drames remettent à l'ordre du jour la formation des intérimaires en matière de prévention des risques professionnels et les dangers liés à la co-activité dans certains secteurs d'activité.

D'ailleurs, certaines voix s'élèvent pour remettre en cause la politique SST du groupe. Trois accidents mortels en quelques mois, cela fait beaucoup. C'est en tout cas ce que souligne le CHSCT d'ArcelorMittal Dunkerque qui met en cause des mesures de sécurité inadaptées. Interrogé par la Voix du Nord, Bernard Colin, élu CGT du CHSCT, "la situation est d’autant plus inacceptable qu’un autre accident, sans gravité cette fois, était survenu le 2 juillet, non pas au haut-fourneau 4 (HF4), lieu du drame de lundi, mais au HF2. Ce jour-là, un autre intérimaire était tombé après avoir fait un malaise près de la rigole de fonte. Au final, plus de peur que de mal... Ce qui est regrettable, c’est que le CHSCT avait identifié ce danger de chute au cours de l’enquête qui avait suivi ce quasi accident du 2 juillet. Malheureusement, aucune mesure conservatoire n’a été prise depuis".

Pour l'élu, "même si ces trois accidents ont été différents sur la forme, sur le fond, ils illustrent chacun le quotidien des intérimaires et des sous-traitants qui ne maîtrisent pas assez les risques, faute d’expérience".

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'intérimaire serait tombé seul dans la rigole, alors qu'il exerçait son travail habituel et n’était pas en train d’effectuer une opération de maintenance exceptionnelle. A l'heure où nous publions cette newsletter, le groupe n'a toujours pas réagi et semble attendre les conclusions de l'enquête de l'Inspection du travail.

 

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