Espace abonné
Mon panier
 

Actualités

Covid-19. Bientôt un guide de l’OPPBTP


Publié le 25 mars 2020 14:52:33

 

« Manque de civisme ». « Défaitistes ». Voilà les termes employés, le 18 mars, par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, en réaction à la déclaration des trois grandes fédérations patronales du secteur – la FFB, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) (lien 3) – qui, le 17 mars, demandaient au gouvernement de prononcer clairement un arrêt des chantiers durant une dizaine de jours, « le temps pour les entreprises de s’organiser ».

La réaction du secteur ne s’est pas fait attendre. Tout d’abord pour répondre au ministre du Travail et pour se défendre. Ainsi, par la voix de son président, Jacques Chanut, la FFB a remis les pendules à l’heure dans une tribune publié par nôtre confrère Le Figaro et a précisé que le secteur du BTP voulait reprendre ses chantiers. « Mais pas à n’importe quel prix : la protection de nos salariés et la sécurisation de nos chantiers sont les principaux enjeux des prochaines heures. »

Car il faut tout de même comprendre que le monde du travail, et donc le BTP, doit faire face à une situation totalement inédite. Et brutale. Comme a bien voulu le confier à Pic, Paul Duphil, secrétaire général de l’OPPBTP : « La France est passée en quelques jours d’un contexte dans lequel on nous disait que le coronavirus n’était rien d’autre que grosse grippe, à une stratégie de lutte contre l’épidémie via un stade 2, puis 3, avec fermetures des écoles, de certains commerces, mise en place du télétravail, mesures de confinement avec déplacement soumis à dérogation… Nous avons aussi dû faire face à des discours contradictoires. D’un côté, on parle de guerre, on nous enjoint des rester chez nous. De l’autre, on nous dit qu’il faut continuer à travailler. Il est donc compréhensible que les dirigeants d’entreprises et leurs salariés aient été un peu décontenancés, perturbés… »

Un risque inédit

Comprenons bien le monde du BTP. Il s’est retrouvé dans une situation complexe, tiraillé entre l’injonction de reprendre le travail et la menace d’un risque inédit : le risque infectieux. « L’Etat qui nous a un peu montrés du doigt, a lui-même stoppé certains chantiers sous sa responsabilité, ajoute Paul Duphil. Il faut donc faire preuve d’un peu de compréhension. Le risque est une problématique constante dans le BTP. Et la plupart des entreprises fournissent de gros efforts et investissements pour assurer la sécurité de leurs collaborateurs. Mais le coronavirus est un risque inédit, nouveau, pour lequel le BTP ne sait pas faire. D’autant plus que les activités du BTP sont complexes, variées. Les chantiers évoluent constamment, sont soumis à de la co-activité. Si certains qui ne requièrent la présence que d’une ou quelques personnes, peuvent appliquer les mesures de distanciation et d’hygiène préconisées par les pouvoirs publics, pour d’autres, cela est plus difficile. Certaines opérations, par nécessité technique ou habitude, obligent les compagnons, les techniciens à travailler en proximité. Par exemple, pour le port de charges. Comment adapter ces modes opératoires au risque d’infection et sans induire d’autres risques pour les travailleurs ? C’est tout l’enjeu des travaux et réflexions que toute la filière du BTP mène depuis plusieurs jours… »

Un guide des bonnes pratiques

C’est donc pour aider les professionnels du BTP que les organisations professionnelles des entreprises du secteur diffuseront d’ici mercredi de cette semaine un guide de bonnes pratiques, préalablement validé par les Ministères du Travail et des Solidarités et de la Santé. « Réalisé en lien avec les professionnels intervenant sur les chantiers et avec l’appui des experts de l’OPPBTP, il donnera, pour toutes les entreprises de toutes tailles, une série de recommandations pour assurer des conditions sanitaires satisfaisantes sur les chantiers et poursuivre les activités. Ce guide constituera un premier niveau de recommandations générales pour le secteur afin de lutter contre l’épidémie et permettre la continuité de l’activité, et en priorité pour les activités d’urgence, poursuit Paul Duphil. Mais il nous faudra aller plus loin. Car certains métiers, certaines opérations requièrent des mesures plus spécifiques pour assurer la sécurité de tous. »

Bientôt des masques ?

De nombreux secteurs réclament la fourniture de masques. Le BTP aussi. « On nous annonce la mise à disposition, vers la fin de la semaine prochaine, via les réseaux de distribution, de masques chirurgicaux. Reste à savoir si ces masques seront marqués CE ou NF ou aux normes nord-américaines ou asiatiques et, dans ce cas, quelle sera leur compatibilité avec les normes françaises ? », conclut le secrétaire général de l’OPPBTP.

 

Partager l'article