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Covid. Masque en entreprises : une usine à gaz ?


Publié le 2 sept. 2020 14:47:00

 

Covid oblige, depuis mardi 1er septembre, les entreprises ont 8 jours pour se conformer au nouveau protocole sanitaire post-confinement, présenté par le ministère du Travail le 31 août.

Premier effet de ce nouveau document qui remplace le texte du 24 juin : hormis quelques exceptions sur lesquelles nous reviendrons, les salariés vont devoir porter systématiquement un masque sur leur lieu de travail. Ce qui dans beaucoup de sociétés est déjà le cas. Port obligatoire justifié par le fait que 24 % des foyers de contamination seraient en entreprises, selon une étude de Santé publique France.

Principe général : « Le port du masque » mais

Comme l’a rappelé, sur BFMTV, Elisabeth Borne, ministre du Travail : « Le principe général, c’est le port du masque ».

Mais avec des exceptions qui ne vont sans doute pas faciliter la tâche des employeurs et de leurs préventeurs. Par exemple, les travailleurs en milieu froid (- 18° C) ou ceux devant effectuer des efforts physiques intenses pourront être exemptés du port du masque. Autre exemple : des dérogations sont envisageables sur les plateaux de télé, si la ventilation est efficace. Les chanteurs d’opéra seront aussi libres de ne pas porter le masque… Toutes ces dérogations, et ce ne sont pas les seules, risquent de faire de cette nouvelle règle une vraie usine à gaz.

Un exemple ? Le cas des open spaces. En effet, selon la virulence du virus dans leur département, virulence mesurée par les célèbres couleurs vert, orange ou rouge des cartes publiées par les autorités, une nouvelle dérogation sera possible afin de permettre aux salariés de « ranger son masque à certains moments de la journée ». Et ce si quatre à sept critères sont réunis, critères présentés dans l’annexe 4 du nouveau règlement. Bon courage…

Des grincements de dents

Ce nouveau protocole ne fait donc pas l’unanimité. Pour beaucoup, comme les syndicats, il est bien trop complexe. Mais qu’ils se rassurent : il fera l'objet d'échanges dans les entreprises dans le cadre du dialogue social afin de permettre d'adapter le protocole aux réalités des espaces de travail.

D’ailleurs, en ce qui concerne les protocoles de reprise, plus de 9 000 accords de reprise ont été signés sur tout le territoire, preuve que le dialogue social a fonctionné pendant le confinement et après.

Enfin, on peut s’étonner que ce nouveau règlement n’ait été publié que quelques heures avant son entrée en vigueur. Et comme le souligne François Asselin, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CPME), chez nos confrères du Figaro, « les entreprises auront du mal à l'appliquer tout de suite ». Espérons que les pouvoirs publics feront preuve de mansuétude pour celles qui auraient du mal à l’appliquer stricto sensu, pour leur éviter d’avoir à payer des amendes si des infractions sont constatées par un inspecteur du travail.

 

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