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France Québec, des approches comparées


Publié le 2 mai 2017 14:45:00

 

En partenariat avec le GEPI, la Délégation générale du Québec a organisé, le 1er mars dernier, une rencontre sur le thème de la santé sécurité au travail. Côté français, essentiellement des grandes entreprises. Mais également des représentants du ministère du Travail. Côté québécois, moins de monde évidemment, mais de la qualité puisque le groupe Levia exerce des fonctions d’accompagnement et de conseil auprès des entreprises. Patrick Benjamin, responsable sécurité d’Areva et président du GEPI, a ouvert les travaux.

Contexte canadien

Le contexte canadien, présenté par Marie-Claude Pelletier, présidente du groupe Levia, a permis de montrer que sur des sujets identiques les différences peuvent être grandes, tant pour ce qui concerne l’intensité des risques que la manière d’aborder leur prévention. Les entreprises québécoises, du fait que les réglementations et institutions sont moins nombreuses, que la hiérarchie compte moins, que la relation vie professionnelle vie privée est plus souple, développent des modèles très participatifs et proches du réel. L’engagement supplée à l’obligation, non seulement chez l’employeur mais chez tous les salariés. Du moins est‐il sollicité, en particulier par le recours très fréquent à la fameuse norme Entreprises en santé.

Retours d’expériences

Plusieurs entreprises françaises ont ensuite exposé certains de leurs modèles d’action.

Valérie Pin, présenta le développement de la Qualité de Vie au Travail, comme un levier de la prévention des RPS, chez Areva. Une démarche globale engagée dans le cadre d’un accord d’entreprise, qui doit permettre de traiter toutes les situations de risques.

Pour Sanofi, Frédérique Barraut, sa directrice du département hygiène industrielle, montra que la question des risques liés à la fabrication des médicaments dans un groupe mondial, est particulièrement délicate à aborder en raison de la variabilité des données, des réglementations, des inspections administratives et des interlocuteurs. Mais la démarche doit également prendre en compte le fait que le médicament n’est pas étiqueté comme un produit chimique, sinon les patients pourraient avoir très peur ! D’où une démarche centrée sur des compétences en hygiène industrielle. Et comme nous savons que nous en manquons cruellement, il a fallu les former.

PSA intervenait avec Vincent Lobry, son directeur sécurité sur le sujet de la mesure du stress professionnel et des actions qui suivent. La démarche qui est intégrée dans l’organisation, du comité exécutif aux fonctions subalternes, est guidée par un carnet de route. Inscrite dans l’accord d’entreprise sur la croissance, elle est dynamisée par les médecins du travail. Des questionnaires types permettent d’avoir une vision globale sur les facteurs et une information des managers, respectueuse du secret médical. Interrogé par Pic, en septembre 2014, Vincent Lobry nous expliquait que « depuis 2009, nous suivons les RPS de très près. Lors de la visite médicale, chaque collaborateur peut répondre – s'il le souhaite – à une série de questions concernant son stress, son anxiété au travail, sa motivation, son bien-être... Même si cela n'est pas obligatoire, nous atteignons des taux de réponses proches des 80 %. Ce qui montre l'adhésion du personnel à cette démarche. Une fois les questions complétées, le collaborateur profite d'un débriefing avec le médecin du travail et ensuite le nom disparaît. Les données nous sont alors transmises afin de réaliser une étude statistique au niveau du groupe et par entité. Une fois cela fait, nous pouvons élaborer nos plans d'actions ».

Enfin pour l’Afnor, Laurence Breton Kueni, directrice des ressources humaines a présenté une stratégie inspirée des outils québécois. Démarche très volontariste, très globale, s’efforçant de prendre l’homme entier au plan des facteurs et donnant un rôle propre aux assistantes sociales.

 

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