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SST. Des conditions de travail dégradées par la Covid-19


Publié le 11 nov. 2020 15:34:06

 

La crise du coronavirus a déjà des impacts sur la santé au travail. C’est ce que montre une récente enquête Ifop réalisée pour Malakoff Humanis *. Si, pendant la crise, plus de la moitié des salariés a essayé, d’adopter un mode de vie plus sain, 45% d’entre eux déclarent se sentir plus fatigués physiquement et psychologiquement. 62 % estiment que leur rythme de travail a été modifié. 33 % des salariés disent que leur entourage a été une source d’inquiétude, de tension et de stress plus forte qu’avant la crise. Ce stress, l’intensité du travail, la crainte de perdre son emploi, et le sentiment d’isolement sont des facteurs qui pourraient accroître les risques psycho-sociaux.

Un impact sur la santé des salariés

12% des salariés déclarent que leur santé s’est dégradée pendant la crise (contre 8% qui ont constaté une amélioration). Cette dégradation concerne davantage les salariés aidants et les salariés malades (maladie chronique, maladie grave ou handicap).
La crise a cependant eu un impact plutôt positif sur certaines habitudes en matière d’hygiène de vie ou de prévention santé. En effet, 52 % des salariés ont cherché à avoir un mode de vie plus sain (pratiques alimentaires, activités physiques, consommation d’alcool ou de tabac…), et 70 % d’entre eux déclarent vouloir maintenir ces nouvelles habitudes.

Fragilités et inégalités

La crise n’a pas été vécue de la même manière par tous les salariés. L’étude montre de fortes disparités selon le profil socio-démographique, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise, mais aussi, et c’est l’un des intérêts majeurs de l’étude, selon les situations de travail vécues pendant la crise et le contexte personnel.
A titre d’exemple, si la crise a eu un impact sur le rythme de travail de 62 % des salariés, il s’agit, selon les cas, d’une accélération ou d’un ralentissement. Ainsi, 40 % des salariés ont vu leur rythme de travail s’accélérer, 33 % ont eu un travail plus intense, 22 % ont subi une surcharge de travail, et 23% ont estimé que leur travail empiétait sur leur vie personnelle. Ces situations concernent davantage les salariés aidants, les jeunes, les cadres, les managers, et les personnes ayant des enfants à charge.

Une autre partie des salariés, moins importante, a vécu l’inverse : ralentissement du rythme de travail, sous charge de travail, travail moins intense, moins de pression, moins d’empiètement de la vie professionnelle sur la vie personnelle. Ces situations concernent davantage les ouvriers, les salariés travaillant dans une entreprise de moins de 10 salariés, ainsi que les personnes ayant vécu une période de chômage partiel.

Plus de RPS ?

L’intensité du travail, l’insécurité de la situation professionnelle et la mauvaise qualité des rapports sociaux - trois grands facteurs de RPS - se sont dégradés depuis le début de la crise. Ainsi 33 % des salariés estiment que leur travail est plus intense depuis la crise (contre 12 % qui estiment qu’il l’est moins qu’avant la crise). 23 % pensent qu’il empiète davantage sur leur vie personnelle (contre 13 %). 14 % des salariés déclarent subir plus de tensions au travail (contre 3%).
A noter que l’isolement professionnel, a également été ressenti plus fortement pendant la crise par un salarié sur cinq. Un sentiment qui concerne davantage les salariés en télétravail à 100 %, les personnes qui ont alterné chômage partiel et télétravail, les salariés des grandes entreprises, et les salariés qui ont gardé leur(s) enfant(s) la plus grande partie du temps.

Les salariés saluent cependant les actions de leurs entreprises

Malgré ces craintes, ces constats, 80 % des salariés estiment que leur entreprise s’est bien adaptée à la crise. Ils saluent les actions menées en termes de maintien des emplois, de continuité d’activité, de communication, de capacité à innover, et de maintien du lien social.
Les actions mises en œuvre pour la protection de la santé sont particulièrement reconnues (soulignées par 85 % des salariés), arrivant en tête de classement avec les mesures prises pour protéger l’emploi. 78 % estiment que leur entreprise a adapté l’organisation du travail aux enjeux de protection de la santé. Une majorité des salariés (57 %) déclarent cependant ne pas avoir été suffisamment accompagnée sur le plan psychologique.
Les managers ont joué leur rôle : 60 % des salariés estiment que leur manager a cherché à maintenir l’esprit d’équipe, et 56 % qu’il a adapté ses pratiques managériales. Près de la moitié (48%) pensent également que leur manager a été plus à l’écoute.
* Etude de perception Ifop pour Malakoff Humanis, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 3504 salariés d’entreprises du secteur privé.

 

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