Chaussures de sécurité : 82 % non conformes !
Une campagne européenne de surveillance du marché révèle des défaillances techniques et réglementaires sur 68 des 83 modèles de chaussures de sécurité examinés. Les autorités ont interdit la vente ou retiré du marché 24 modèles. Au-delà des performances, l’étude pointe des défauts de conformité entre prototypes certifiés et produits commercialisés.
Financée et coordonnée par la Commission européenne, la campagne Jacop 2025 (Joint Actions on Compliance of Products) a été menée par les autorités de surveillance du marché de huit pays : Chypre, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne et Suède. Les produits ont été achetés en ligne pour 65 % d’entre eux, les autres provenant de magasins physiques.
Le bilan est préoccupant : 82 % des modèles contrôlés présentaient au moins une non-conformité, technique ou documentaire. Les essais de performance ont identifié des défaillances sur 53 modèles. Les principales concernent les propriétés antistatiques, la résistance aux chocs et la résistance à la perforation, trois caractéristiques essentielles à la protection des travailleurs.
Les contrôles ont également révélé des anomalies documentaires : instructions d’utilisation absentes, imprécises ou non conformes, catégorie de protection manquante ou incorrecte, déclaration UE de conformité absente et marquage CE absent ou non indélébile. Au total, 48 modèles présentaient des lacunes documentaires ou de marquage, certains cumulant plusieurs défauts.
Des retraits et des rappels
À la suite de l’enquête, les autorités ont interdit la vente ou retiré du marché 24 modèles. Quatre ont fait l’objet d’un rappel et quinze opérateurs économiques ont reçu des avertissements ou des amendes. Certaines places de marché en ligne ont également été invitées à supprimer les références concernées.
Un opérateur économique a notamment été condamné à une amende de 7 000 euros pour avoir commercialisé des chaussures dont les caractéristiques de protection annoncées dans les supports promotionnels n’étaient pas confirmées par les essais. Il a dû retirer le produit de son site internet.
La conformité doit tenir en production
L’étude soulève un enjeu pour les fabricants : certains modèles peuvent réussir les essais de certification sur prototype sans que les chaussures issues de la production en série offrent ensuite les performances attendues. Les défaillances antistatiques et la résistance à la perforation semblent particulièrement concernées, l’intégration des composants de protection pouvant influer sur le résultat final.
Les fabricants doivent donc garantir la conformité des produits effectivement commercialisés au règlement européen (UE) 2016/425 relatif aux EPI et à la norme EN ISO 20345 applicable aux chaussures de sécurité. Les distributeurs et les employeurs ont également intérêt à vérifier les marquages, les notices et l’adéquation du niveau de protection aux risques professionnels.
Photo d’illustration © Getty Images


