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EPI - EPC 16 sept. 2026 10:32:04

Ça s’est passé cet été

RSE, réparabilité, montée en gamme, services, innovation et internationalisation : cet été, les acteurs de la filière EPI ont confirmé plusieurs tendances de fond qui redessinent progressivement le marché professionnel. Fabricants et distributeurs cherchent moins à vendre un produit qu’à proposer une réponse globale aux entreprises, tout en renforçant la durée de vie, la performance et la traçabilité des équipements.

La RSE passe de l’engagement à l’action

Longtemps cantonnée aux déclarations d’intention, la RSE s’installe progressivement dans les critères de décision des acheteurs professionnels. Chez Petzl, la réparabilité constitue ainsi l’un des axes majeurs de la politique RSE. En 2025, le volume de pièces détachées vendues a progressé de 28 % par rapport à 2024. Une évolution qui traduit la volonté des entreprises utilisatrices de prolonger la durée de vie de leurs équipements et de limiter les déchets liés au renouvellement. « Les entreprises utilisatrices prolongent ainsi l’usage de leur matériel et réduisent les déchets liés à un renouvellement anticipé », souligne Richard Cousin, qui pilote la politique RSE de Petzl. La démarche répond également à une évolution des appels d’offres, dans lesquels les critères environnementaux prennent une place croissante.

Cette logique se retrouve en amont, dans l’éco-conception. Le harnais Volt constitue ainsi le premier produit professionnel mondial de Petzl à intégrer des sangles en matière recyclée, représentant 30 % de son poids total. L’entreprise, qui consacre chaque année 1 % de son chiffre d’affaires à sa transition RSE, travaille également sur des projets de cordes intégrant des matières recyclées sans compromis sur la sécurité.

Même constat chez les distributeurs. Le groupe Martin Belaysoud place désormais la RSE au cœur de sa stratégie, avec des actions portant notamment sur la rénovation des bâtiments, l’optimisation des flux logistiques, les achats responsables et la prévention en matière de santé et sécurité au travail. La transformation concerne également la gouvernance, la cybersécurité et l’encadrement des usages de l’intelligence artificielle.

Le produit ne suffit plus

Autre enseignement de l’été : la distribution professionnelle évolue vers davantage de services et d’accompagnement. Rubix revendique ainsi un positionnement d’« apporteur de solutions », loin du seul rôle de distributeur. Avec 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 2 600 collaborateurs et 200 points de vente en France, le groupe développe ses expertises techniques, ses centres d’expertise et ses solutions logistiques et digitales. Depuis 2023, quatre centres d’expertise accompagnent notamment les industriels sur des problématiques complexes comme l’air comprimé, les fluides ou l’assemblage de lignes de production. Rubix compte également une trentaine d’« Inside » en France : des experts installés directement chez les donneurs d’ordre pour accompagner le déploiement de solutions techniques.

Cette évolution touche aussi les réseaux. Socoda entend répondre aux attentes des grands comptes en leur proposant un interlocuteur national unique, tout en conservant l’expertise locale de ses adhérents. Une organisation qui lui a permis de remporter plusieurs marchés stratégiques en 2026, notamment dans la santé, l’aéronautique et l’énergie.

De son côté, Cofaq a lancé Cofaq+, un service gratuit et confidentiel réservé à ses adhérents. RH, juridique et informatique : l’objectif est de leur donner accès à des compétences spécialisées sans avoir à internaliser ces ressources.

Innovation : du gant à l’exosquelette

L’innovation reste évidemment un autre moteur de transformation. Kyorene mise sur une technologie propriétaire à base de graphène pour différencier ses gants de travail. L’entreprise, qui revendique plus de 1 000 références et 38 brevets, développe de nouvelles générations de gants, des technologies de jauge fine ainsi que des solutions avancées contre les coupures et pour la gestion thermique.

La France constitue pour elle un marché stratégique, porté par des utilisateurs professionnels de plus en plus attentifs à la performance, à l’innovation et à la durabilité. Avec une certification EcoVadis Gold et certains produits intégrant des matières recyclées certifiées GRS, Kyorene entend également inscrire l’innovation dans une logique de durabilité.

Autre marché en plein développement : celui des exosquelettes. L’Allemand exoIQ poursuit son expansion européenne avec une gamme de solutions actives et passives destinées à réduire les contraintes physiques au travail. Après avoir développé un exosquelette actif pour les épaules, l’entreprise propose notamment une solution destinée à soulager le dos lors du port de charges allant jusqu’à 30 kg. La France constitue l’un de ses axes de développement, avec un premier partenariat distributeur finalisé en 2025. ExoIQ vise désormais de nouveaux marchés, notamment en Amérique du Nord et en Asie.

Un marché sous tension, mais qui monte en gamme

Tous les signaux ne sont toutefois pas au vert. Delta Plus Group a enregistré 196,3 millions d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre 2026, soit une progression de 4,5 %, essentiellement portée par les acquisitions. À périmètre et taux de change constants, l’activité recule cependant de 4,3 %. L’Europe reste particulièrement sous pression, tandis que l’activité hors Europe a renoué avec une légère croissance organique au deuxième trimestre.

Dans ce contexte, certains fabricants observent néanmoins une évolution positive des attentes des utilisateurs. Chez Jallatte, Jean-Marie Calame, directeur général, constate une montée en gamme chez certains donneurs d’ordre, à la recherche de produits plus durables, confortables et résistants. Des équipements capables de durer 12, 14 voire 18 mois sont désormais demandés.

Pour le dirigeant, cette évolution traduit aussi une transformation de la RSE : empreinte carbone, origine des matières premières, traçabilité et circuit court deviennent des critères d’achat plus concrets. Jallatte vise cette année une croissance de 5 à 10 %, tandis que l’export, qui représente plus de 20 % de son chiffre d’affaires, doit continuer à progresser.

Des fabricants qui se rapprochent de leurs clients

Enfin, l’été a confirmé une autre tendance : les fabricants cherchent à créer davantage de proximité avec les utilisateurs finaux. Ansell a ainsi ouvert au Portugal son deuxième Ansell Xperience & Innovation Studio (Axis), après un premier centre inauguré aux États-Unis. L’objectif : proposer aux entreprises un environnement permettant de tester les innovations, de se former avec des experts et de concevoir des solutions adaptées aux risques rencontrés.

Photo d’illustration © Getty Images

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