Lasers : Attention dangers !
Les équipements laser manuels se multiplient dans les ateliers, portés par leur polyvalence, leur efficacité et leur facilité d’utilisation. L’INRS alerte toutefois sur les dangers spécifiques auxquels ils exposent les opérateurs, notamment lors des opérations de soudage, de décapage ou de découpe. Ces appareils génèrent en effet des situations d’exposition multiples qui dépassent largement le seul faisceau laser.
Des risques optiques multiples et sévères
Les lasers de forte puissance utilisés pour le décapage et le soudage exposent directement aux dangers du faisceau, susceptibles de provoquer en moins d’un quart de seconde des lésions oculaires et cutanées graves et irréversibles, y compris après réflexion du rayon sur une surface. Ils peuvent également entraîner l’inflammation des matériaux environnants. À ces risques s’ajoutent des rayonnements optiques parasites, directs ou réfléchis, émis dans l’ultraviolet, le visible et l’infrarouge, susceptibles de conduire au dépassement des valeurs limites d’exposition professionnelle. Quelques minutes d’exposition peuvent suffire à engendrer des brûlures de la rétine et de la peau, en particulier des mains et du visage, ainsi que des atteintes de l’œil et de l’épiderme en cas de dépassement des seuils dans l’UV.
Un risque chimique marqué lors du décapage
En phase de décapage, ces équipements produisent des fumées, gaz et particules issus des matériaux ou revêtements traités. Les études menées par l’INRS montrent que ces émissions sont majoritairement constituées de particules fines et ultrafines, de nanoparticules, ainsi que de composés chimiques dangereux, gazeux et particulaires (hydrocarbures aromatiques polycycliques, isocyanates, ozone, benzène, monoxyde de carbone, etc.), dont l’inhalation peut affecter la santé. La ventilation générale d’un local ne suffit pas à maîtriser ce risque, certaines valeurs limites pouvant être dépassées en quelques minutes, notamment dans de petits ateliers peu ventilés ou des cabines de protection. Les dangers concernent à la fois l’opérateur et les personnes présentes à proximité de la zone d’interaction laser-matière, d’autant plus que ces équipements sont souvent utilisés de manière ambulatoire, ce qui complique la mise en place de protections adaptées.
Intégrer la prévention dès la conception
Pour réduire ces risques, l’INRS recommande d’intégrer la sécurité au plus tôt, en appliquant les neuf principes généraux de prévention aux équipements laser manuels. Il convient d’abord de limiter les émissions non intentionnelles de rayonnement à la source, puis de mettre en œuvre des protections collectives : dispositifs de coupure automatique du laser en cas de perte de contact avec la matière, systèmes de double action pour le déclenchement, captage des polluants au plus près de l’émission, ventilation adaptée. Ces mesures doivent être complétées par une organisation rigoureuse (contrôle d’accès aux locaux, signalisation lumineuse, procédures de travail) et par l’usage d’équipements de protection individuelle appropriés : protections respiratoires, vêtements couvrants, gants, veste en cuir, masque ou visière. L’efficacité de l’ensemble repose enfin sur une formation et une information approfondies des opérateurs, condition indispensable à une utilisation maîtrisée de ces technologies.
Photo d’illustration © Getty Images


