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Coronavirus. Les Préventeurs face au Covid-19 !


Publié le 5 mai 2020 11:37:15

 

Les préventeurs et autres experts de la santé et sécurité au travail ont été au cœur de la lutte contre le Covid-19 dans les entreprises. Ils seront aussi mis à contribution pour aider leur entreprise et salariés à sortir, dans les meilleures conditions possibles de sécurité, du confinement.

« C'est une situation totalement inédite. Une période qui démontre, s’il le fallait, l’importance de la prévention des risques, de la santé et sécurité au travail, de la gestion de l’hygiène… dans les entreprises, souligne Luc Decosse, administrateur hygiène industrielle chez Mase Méditerranée Giphise. Une période aussi qui a été pour le Mase l’occasion d’accompagner ses adhérents et de leur fournir des informations utiles. Ainsi, le Mase Méditerranée s’est saisi très tôt de la question du coronavirus, dès le mois de février. Alors qu’à cette époque, les pouvoirs publics et autres experts n’en parlaient que sous la forme d’une ‘’grosse grippe’’, j’ai envoyé à tous nos adhérents afin qu’ils diffusent l’information auprès de leurs salariés, une présentation générale sur les virus et le coronavirus en particulier. Dans un second temps, lorsqu’il est apparu évident que nous n’étions plus face à une simple épidémie de ‘’grippe’’, Mase Méditerranée a fourni à ses adhérents un autre document, plus précis, pointu, sur le Covid-19, les gestes barrières, etc. »

Une fois cela fait, le Mase Méditerranée a choisi de ne pas écraser les membres du réseau sous les informations. « Nous étions dans une période où les informations étaient souvent contradictoires. Il était difficile de trier, note Luc Decosse. Nous avons donc décidé, en partenariat avec la Sofhyt, de ne plus trop donner d’informations mais plutôt de relayer celles émanant d’organismes reconnus comme l’OMS, l’IOHA… Et de nous concentrer sur l’aide que nous pouvons apporter pour diffuser la bonne parole sur les règles de sécurité à prendre, les gestes barrières à adopter, la mise en place du télétravail… »

Sortir du confinement

Désormais, les entreprises et leurs préventeurs préparent la sortie du confinement. « Dans un premier temps, il a fallu rassurer et se rassurer car en quelques jours le discours des pouvoirs publics a complètement changé. Rappelons-nous : une sorte de ‘’grippe’’ a évolué en virus foudroyant nous obligeant à nous ‘confiner’, explique Graziella Couzinet, coordinatrice QSSE Groupe chez Heliatec. Au sein de l’entreprise, nous avions des collaborateurs inquiets, très demandeurs de moyens de protection, et d’autres, pour lesquels le respect des mesures barrières et règles de distanciation suffisait. » Avant d’ajouter : « Le respect de ces mesures dans nos locaux pourra perdurer à la sortie du confinement. Du matériel ; masques, visières, gel HA … et des mesures organisationnelles les complèteront. Par contre, nous devrons répondre aux exigences des clients tout en usant de pragmatisme. Et cela ne sera pas aussi aisé qu’on peut le croire car, en tant qu’employeur, nous devons fournir des équipements conformes, qui protègent et nous assurer que l’utilisation est efficiente et ne crée pas un faux sentiment de sécurité … »

Cette question des moyens « techniques » de protection risque d’être complexe pour les entreprises qui ne se sont pas saisies du sujets assez tôt. « Au sein du groupe Engie nous avons su définir tôt les actions à prendre en compte au niveau santé-sécurité pour faire face à cette crise. Marie-Véronique Deydier, conseiller santé sécurité, direction Global Care Groupe Engie. Nous avons rapidement défini les moyens techniques nécessaires à la poursuite des activités au travers de nos plans de continuité dactivité, soit au travers du télétravail, soit sur le terrain pour nos activités essentielles. Et depuis quinze jours, nous travaillons effectivement à la sortie du confinement. Cela passe par la définition des moyens techniques à mettre en œuvre lors du dé-confinement, comme lorganisation des locaux, protection du personnel (gestes barrières, distanciation sociale, EPI,) et définir les éventuelles mesures à prendre à lentrée des sites. »

De l’intérêt du DU et de la prévention

« Cette crise agit comme un véritable révélateur, insiste Luc Decosse. Je pense que certaines entreprises vont pouvoir se féliciter de disposer d’une direction de la prévention des risques et de SST, et d’avoir pu compter sur l’expertise de vrais professionnels de la prévention. Ces mêmes entreprises auront pu constater que le document unique est utile. En revanche, d’autres risquent de regretter d’avoir pris la prévention des risques professionnels et les questions de santé, sécurité donc l'hygiène au travail, à la légère ou comme une simple contrainte réglementaire… »

Enfin, il est évident que certains experts en prévention des risques, comme les hygiénistes du travail, seront très utiles. Car on ne traite pas les risques d’une épidémie comme les chutes de hauteur ou le risque mécanique.

> 3 questions à Didier Mené, directeur HSEQI de Naphtachimie et président du Mase national

  • Comment avez-vous géré le confinement sur votre site ?

Dès l’annonce du confinement, nous avons élaboré les procédures nous permettant de limiter au maximum la présence humaine sur le site : c’est-à-dire n’y faire travailler que le personnel chargé de l’exploitation, les intervenants externes qui assurent les opérations de maintenance curative, le personnel d’encadrement, quelques magasiniers… Le reste du personnel, soit environ 60 % des effectifs du site (et 80 % du personnel non posté), a été placé en télétravail. D’ailleurs, à ce sujet, organiser le télétravail n’est pas en soi compliqué. Il s’agit avant tout d’un très gros problème de logistique informatique : fournir des ordinateurs portables très rapidement à ceux qui n’en ont pas en temps normal. Pour le reste, nous disposons d’un PCA qui définit les mesures à prévoir pour deux situations précises en cas de pandémie : usine à l’arrêt et usine en marche.

Une fois les collaborateurs en télétravail, comment avez-vous assuré la sécurité du personnel qui continuait à travailler sur le site ? […]

  • Retrouvez l’intégralité de cet article dans Pic 122 (mai-juin 2020).

© Getty Images

 

Coronavirus. Déconfinement


Publié le 5 mai 2020 11:36:00

 

Le mode d’emploi du gouvernement publié

Dimanche soir, le gouvernement a rendu public son « Protocole national de déconfinement pour les entreprises pour assurer la sécurité et la santé des salariés ». Ce document de 22 pages, que vous pouvez télécharger ici, présente les règles universelles que devront respecter toutes les entreprises pour « déconfiner ». Et il vient compléter les fiches de bonnes pratiques à destination de tous les secteurs d’activités, sur lesquelles travaillent les pouvoirs publics. Le protocole aborde les sujets suivants :

  • Mesures barrières et de distanciation physique
  • Recommandations en termes de jauge par espace ouvert
  • Gestion des flux de personnes
  • Les équipements de protection individuelle (EPI)
  • Les tests de dépistage
  • Le protocole de prise en charge d’une personne symptomatique et de ses contacts rapprochés
  • La prise de température
  • Nettoyage et désinfection.

4 m2 par personne

Le Gouvernement estime à 4 m² minimum par personne l’espace nécessaire permettant « à des personnes présentes simultanément dans le même espace (salariés, clients, etc.) d’évoluer dans le respect des règles de distanciation physique ». Ces 4 m² doivent permettre de garantir une distance minimale de 1 mètre autour d’une personne (dans toutes les directions). Les pouvoirs publics précisent que « lorsque, et seulement lorsque, certaines situations (en principe réduites au maximum par application des mesures collectives) comportent un risque non maitrisable de rupture accidentelle de cette distanciation (y compris par le non-respect par l’usager/salarié lui-même), des mesures complémentaires comme le port du masque « grand public » sont à mettre en place. »

Gestion des flux

Dans ERP, les lieux de travail, les lieux publics de passages, les flux de personnes devront faire l’objet  « d’une analyse rigoureuse dans le contexte de pandémie. Il faut à la fois gérer les périodes d’affluence mais aussi les anticiper pour les éviter ou les réduire. Des plans de circulation doivent ainsi être mis en  œuvre pour garantir le respect de la distanciation physique minimale, que ce soit dans des lieux clos et  exigus ou dans des espaces ouverts, mais sous une forme incitative plus que contraignante (fluidifier plutôt que ralentir). »

Tests de dépistages ? Contrôle de température ?

Si le gouvernement reconnait que les entreprises ont un rôle à jouer dans la stratégie nationale de dépistage, en relayant par exemple les messages des autorités sanitaires (« Toute personne présentant des symptômes doit être invitée par son employeur à ne pas se rendre sur son lieu de travail », etc.), le protocole insiste sur le fait que « les campagnes de dépistage organisées par les entreprises pour leurs  salariés ne sont pas autorisées. » Par ailleurs, aucun test sérologique n’est autorisé.

En ce qui concerne le contrôle de température, le protocole le déconseille et recommande que ce contrôle soit effectué par le salarié, à son domicile, avant de se rendre au travail.

Cependant, ajoute le document, « les entreprises, dans le cadre d’un ensemble de mesures de précaution, peuvent organiser un contrôle de la température des personnes entrant sur leur site. » Mais dans certaines limites et avec certaines garanties : 

• la prise de mesure dans des conditions préservant la dignité ; 

• une information préalable sur ce dispositif (règlement internet, note de service, affichage, diffusion internet) en particulier sur la norme de température admise, l’objectif de la mesure et sur l’absence de suites au dépassement de cette norme.

Le contrôle de température n’est donc pas recommandé et « a fortiori n’a pas un caractère obligatoire et le salarié est en droit de le refuser. Si l’employeur, devant ce refus, ne laisse pas le salarié accéder à son poste, il peut être tenu de lui verser le salaire correspondant à la journée de travail perdue. »

© Getty Images

 

Déconfinement. Une loi contre le risque pénal


Publié le 5 mai 2020 11:33:35

 

On le sait : l’employeur défaillant en matière de santé et sécurité au travail peut voir sa responsabilité pénale engagée. La sortie du confinement et le retour sur le lieu de travail des salariés va nécessiter la mise en place de procédures et règles de sécurité strictes afin de les protéger d’une éventuelle contamination. Tout cela sous la responsabilité, normalement, du patron.

Cependant, certains, à l’instar de la CPME, de l’U2P du Medef…, s’inquiètent des conséquences possibles du risque pandémique pour les employeurs. Ainsi, François Asselin, président de la CPME, Alain Griset, président de l’U2P et Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ont, dans un courrier en date du 30 avril dernier, demandé à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, que « le cadre juridique soit adapté à la situation actuelle, et notamment au risque pandémique, dont nul ne peut prétendre avoir la maîtrise et dont les entreprises ne sont pas à l'origine ».

Les trois présidents de syndicats précisent dans ce courrier qu’ils ne veulent pas remettre en question l'obligation de l’employeur en matière de SST. Mais, partant du constat que les employeurs sont là face à un risque sanitaire général dont l’employeur n’est pas à l’origine, ils demandent de réfléchir aux moyens de protéger l’employeur qui ferait, selon le terme employé dans leur courrier, « diligence », qui respecterait donc les mesures inscrites par le ministère du Travail dans ses fiches et guides de bonnes pratiques. Et, par conséquent, s'il les applique, ne devrait pas encourir de sanction pénale. Exemption qui resterait tout de même à l'appréciation souveraine des juges.

12 juin 1989

Or, selon les signataires de la lettre, une directive européenne du 12 juin 1989 sur la santé et la sécurité des travailleurs permettrait aux Etats « d'exclure ou de diminuer » la responsabilité des employeurs pour des faits dus à des circonstances qui sont étrangères à ces derniers, « anormales, imprévisibles, ou à des événements exceptionnels, dont les conséquences n'auraient pu être évitées malgré toute la diligence déployée. » A suivre…

 

Pour tirer les enseignements de la crise du Covid-19 et améliorer demain les façons de travailler, le réseau Anact-Aract déploie trois dispositifs à grande échelle permettant de recueillir avis, perceptions et témoignages de salariés, d'employeurs, d'élus, de manageurs...

L'objectif ? Partager les expériences et aider à diffuser des pistes de progrès utiles pour tous. Deux de ces dispositifs déployés par le réseau Anact-Aract sont déjà opérationnels.

  • Questionnaire sur le télétravail en période de confinement ici.
  • Questionnaire sur le maintien de l'activité sur site. Un questionnaire anonyme similaire pour recueillir l'avis des personnes qui continuent de travailler sur leurs lieux habituels de travail sera disponible prochainement sur anact.fr
  • Recueil de témoignages ici.
 

Coronavirus. Bien gérer le télétravail


Publié le 5 mai 2020 11:17:53

 

En attendant le 11 mai et l'espérée sortie du confinement, il va encore falloir, pour bon nombre d'entre nous, télétravailler. Le télétravail peut avoir des conséquences sur certains. Il ne faut pas les négliger.

Des informations utiles à consulter sur le site de l'INRS :

Par ailleurs, l'INRS met à votre disposition à l'adresse www.inrs.fr/COVID19, tous les contenus liés à la crise sanitaire. Une source d'information à ne pas négliger