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Covid-19 . Mobilisation générale chez Michelin !


Publié le 22 avr. 2020 20:58:14

 

Michelin a mis toute sa capacité d’innovation et ses expertises au service des besoins sanitaires. Des efforts qui se concrétisent notamment par le développement et la fabrication de différentes solutions de masques et la contribution à de nombreux autres projets, qu’il s’agisse de pièces pour des appareils médicaux, de billots hospitaliers. A noter que plusieurs de ces projets ont pu bénéficier de l’expertise de Michelin dans le domaine de la technique d’impression 3D. « Nous mobilisons nos outils de production et nos savoir-faire en impression 3D plastique et métal non seulement pour fabriquer certains types de masques, mais également pour répondre à la pénurie de pièces essentielles ou pour concevoir des éléments facilitant le traitement de la maladie », précise Florent Menegaux, président du groupe Michelin.
Par ailleurs, Michelin a produit du gel hydroalcoolique. La production s’effectuera dans cinq sites, avec une méthode de travail alignée sur le protocole de l’OMS.
A terme, ce sont près de de 400 000 masques chirurgicaux de catégorie 1, prévus être fabriqués, chaque semaine, dans les ateliers du Groupe ou en coordination avec des partenaires ou des sous-traitants. En Europe, dix sites ont déjà été retenus : parmi eux, La Combaude à Clermont-Ferrand (France), Olsztyn (Pologne) et Zalău (Roumanie). La capacité européenne se renforcera dans les semaines suivantes grâce au déploiement d’initiatives similaires en Amérique du Nord.

 

Masques et EPI. Les leçons de la pénurie


Publié le 8 avr. 2020 11:46:00

 

La crise du Covid-19 met en lumière, cruellement, la forte dépendance de la France en matière de masques, évidemment, mais aussi de certains autres équipements de protection individuelle comme les blouses, gants, surchaussures... Il faudrait se poser, une fois l’épidémie jugulée, la question de relocaliser en France une partie de la production de certains EPI « stratégiques » afin de permettre à la France d’être auto-suffisante, si cela est possible, lors d’événements de cette ampleur.

L’exemple des masques est particulièrement révélateur. Confronté à la pénurie, l’Etat a été contraint, d’une part, de réquisitionner la production nationale de masques et, d’autre part, de passer d’importantes commandes à l’international pour renflouer ses stocks. La Chine est, à cette occasion, devenue l’acteur majeur de ce marché. Rappelons à ce sujet, que l’Empire du Milieu et Taïwan représentaient déjà, avant la crise, 70 % de la production mondiale de masques !

Une telle situation, à l’évidence, ne peut pas durer. Et tout le monde est au moins d’accord sur un point : notre pays se doit de se donner les moyens de redevenir souverain et autosuffisant pour certains EPI. Le Président de la République l’a d’ailleurs reconnu à l’occasion de sa visite de l’usine Kolmi-Hopen, filiale de Medicom, un des principaux producteurs de masques en France : « Il nous faut aussi, et à mes yeux aujourd’hui avant toute chose, produire davantage en France, sur notre sol. Produire parce que cette crise nous enseigne que sur certains biens, certains produits, certains matériaux, le caractère stratégique impose d’avoir une souveraineté européenne. Produire plus sur le sol national pour réduire notre dépendance et donc nous équiper dans la durée. »

L’autosuffisance est-elle possible ?

Une question se pose donc : la France peut-elle redevenir autosuffisante en ce qui concerne la production des masques ? Certains le pensent à l’instar du commissaire européen Thierry Breton : « Dans les mois qui viennent, l’objectif c’est d’être autosuffisants en production de matériel de protection des personnels de santé. »

Avant de juger de la possibilité d’atteindre cette autosuffisance, parlons chiffres. On estime à 40 millions de masques par semaines nécessaires pour le personnel soignants. S’y on y ajoute les besoins exprimés par d’autres professionnels (agents de sécurité, employés de la grande distribution, salariés travaillant en équipes, transports publics…), combien faudrait-il produire de masques en France ? Et les quatre usines encore présentes sur le territoire nationale (les Français Macopharma, Segetex et Paul Boyé Technologies, et le Canadien Kolmi Hopen) en seraient-elles capables ? Elles ont certes déjà multiplié leurs capacités de production pour atteindre 40 millions d’unités par mois. Mais cela est-il suffisant ? A l’évidence non.

Par ailleurs, tous les efforts des fabricants qui comme Jacques Boyé, dirigeant de Paul Boyé Technologies, plaident « pour que les masques - produits stratégiques - continuent d'être fabriqués en France », seront vains si l’Etat ne change pas de doctrine.

Engagement fort de l’Etat

Il faudra tout d’abord constituer un stock stratégique de masques digne de ce nom et ne plus accepter la fermeture de certaines usines de production comme cette PME Bretonne, installée à Plaintel (Côtes-d’Armor), qui pouvait en fabriquer jusqu’à 220 millions par an, fermée (les lignes de production étant relocalisées en Tunisie), après avoir été rachetée par le groupe américain Honeywell, en 2018. Et ce alors que l’entreprise, avait signé en 2005, un protocole d’accord avec le ministère de la Santé portant sur la fabrication de 180 millions de masques.

Il lui faudra donc aider au rapatriement de la production en France et commencer à repasser des commandes massives auprès des fabricants français. Sans ce soutien de l’Etat, les usines françaises auront du mal…

 

En cette période de pandémie, de confinement…, l’aide que peuvent apporter des réseaux comme le Mase ou les groupements professionnels est très importante. « Le Mase Méditerranée s’est saisi très tôt de la question du coronavirus, dès le mois de février, nous explique Luc Decosse, Administrateur Hygiène Industrielle chez Mase Méditerranée Giphise . Alors qu’à cette époque, les pouvoirs publics et autres experts n’en parlaient que sous la forme d’une ‘’grosse grippe’’, j’ai envoyé à tous nos adhérents afin qu’ils diffuser l’information auprès de leurs salariés, une présentation générale sur les virus et le coronavirus en particulier. Dans un second temps, lorsqu’il est apparu évident que nous n’étions plus face à une simple épidémie de ‘’grippe’’, Mase Méditerranée a fourni à ses adhérents un autre document, plus précis, pointu, sur le Covid-19, les gestes barrières… » Une fois cela fait, le Mase Méditerranée a choisi de ne pas écraser les membres du réseau sous les informations. « Nous étions dans une période où les informations étaient souvent contradictoires. Il était difficile de trier, ajoute Luc Decosse. Nous avons donc décidé, en partenariat avec la Sofhyt, de ne plus trop donner d’informations mais plutôt de relayer celles émanant d’organismes reconnus comme l’OMS, lIOHA… Et de nous concentrer sur l’aide que nous pouvons apporter pour diffuser la bonne parole sur les règles de sécurité à prendre, les gestes barrières à adopter, la mise en place du télétravail… »

Etonnement

Force est de le reconnaître, le premier document transmis aux préventeurs du réseau Mase Méditerranée a suscité la surprise. « Nos adhérents étaient étonnés que nous les informions sur ce qui ne semblait, à l’époque, n’être qu’une épidémie de grippe, se rappelle Luc Decosse. Mais, après le changement de discours des pouvoirs publics, ils nous ont demandé de l’info quand à ce qu’ils devaient faire, aux mesures à mettre en place… Nous nous sommes alors posé la question de réaliser un guide des bonnes pratiques. Nous avons assez vite abandonné l’idée, compte-tenu de la diversité des situations sur le terrain. Il nous est apparu préférable d’encourager nos membres à se tourner vers leurs organismes professionnels comme l’UIC ou l’OPPBTP, et leurs branches professionnelles. Certains ont d’ailleurs depuis publié des guide de préconisations et de bonnes pratiques, à l’instar de l’OPPBTP. »

Depuis le Mase Méditerranée s’est mis en mode « confinement » tout en restant à l’écoute des demandes et questions de ses membres.. « Elles sont nombreuses. Ne serait-ce qu’au sujet des formations et habilitations à renouveler. Cette crise a aussi été l’occasion, pour Mase Méditerranée, de nous pencher sur la question du télétravail et des procédures liées aux PCA (plan de continuité d’activité). D’en tirer expériences et enseignements pour d’autres situations de crise », conclut Luc Decosse.

 

Comme nous l’annoncions dans notre dernière newsletter, l’OPPBTP a publié son Guide préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction en période d’épidémie de coronavirus Covid-19.Réalisé par les experts de l’OPPBTP, avec le soutien de médecins du travail et de préventeurs, il liste les mesures urgentes et spécifiques à mettre en oeuvre pour assurer les conditions sanitaires nécessaires aux personnels appelés à travailler en bureaux, ateliers, dépôts ou chantiers, en complément de toute mesure sanitaire édictée par les pouvoirs publics.

Ce guide a fait l’objet d’une validation des ministères de la transition écologique et solidaire, de la ville et du logement, des solidarités et de la santé, et du travail.

Respect strict des consignes

Dans le contexte de cette crise sanitaire d’ampleur exceptionnelle, l’OPPBTP insiste « sur l’extrême nécessité pour tous les acteurs du BTP de suivre strictement les consignes et, à défaut de pouvoir les suivre, d’arrêter les activités concernées. »

Ce guide formule des mesures exigeantes. Bien entendu, la priorité doit être absolue pour la prévention de la contagion. Il faut donc en tout premier lieu respecter les gestes barrières édictés par les autorités sanitaires : distance minimale de 1 mètre, lavage fréquent des mains, limitation des contacts. Cependant, pour de nombreuses activités de travaux, des actions simples et de bon sens permettent de se conformer à ces mesures.

Port du masque obligatoire dans 3 situations

L’OPPBTP souligne que l’information et l’association des salariés est encore plus essentielle en cette période d’épidémie. Il s’agit d’une condition nécessaire à leur adhésion aux mesures préconisées et à leur mise en oeuvre réussie. Les conditions exceptionnelles de vie qui touchent les salariés, comme tous les Français, nécessiteront parfois certains aménagements pour faciliter la vie de tous les jours.

Le port du masque est obligatoire dans trois situations de travail, travail à moins d’un mètre d’un autre compagnon (sans autre solution opératoire possible) ou intervention chez des particuliers malades ou à la santé fragile. Dans les autres cas, le port du masque n’est pas obligatoire, selon les directives gouvernementales, et doit faire l’objet d’un échange au sein du dialogue social des entreprises. Bien entendu, tant que dure la pénurie de masques, il convient d’en réserver l’usage en priorité pour les personnels de santé.

  • Diffusé par l’OPPBTP à l’ensemble de ses adhérents etrelayé par les acteurs de la branche, il est également consultable en ligne ici.
  • A noter qu’il fera l’objet de mises à jour régulières en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, la version sur le site preventionbtp.fr faisant référence.
 

Masques. Précisions sur les masques alternatifs


Publié le 8 avr. 2020 11:37:19

 

En ce qui concerne les nouvelles catégories de masques réservées à des usages non sanitaires, les

ministères de la Santé, de l’Economie et des Finances, du Travail, ont diffusé une note d'information en date du 29 mars 2020. Cette note crée deux nouvelles catégories d'équipements de travail exclusivement réservées à des usages non sanitaires destinés à prévenir les projections de gouttelettes.

Il faut souligner que l'ANSM précise dans son avis du 24 mars 2020 que ces masques « ne pourront aucunement remplacer des EPI dont le port est rendu nécessaire au poste de travail ». Ces masques ne constituent aucunement des masques de protection respiratoire au sens du règlement 2016/425 du 9 mars 2016 relatif aux équipements de protection individuelle.

Ces masques doivent répondre aux spécifications techniques énoncées à l'annexe I de la note, leurs prescriptions d'usages figurent à l'annexe II. Ils sont répartis en 2 catégories figurant ci-après :

  • Catégorie 1 : masque individuel à usage des professionnels en contact avec le public

Ce masque est destiné aux personnels affectés à des postes ou missions comportant un contact régulier avec le public. Il filtre au moins 90 % des particules de trois microns émises par le porteur.

  • Catégorie 2 : masque à visée collective pour protéger l'ensemble d'un groupe portant ces masques

Ce masque est destiné aux personnes ayant des contacts occasionnels avec d’autres personnes dans le cadre professionnel. Il filtre au moins 70% des particules de trois microns émises par le porteur.

Tout fabricant ou distributeur de masques ayant réalisé des essais, conduits par un tiers compétent sous sa responsabilité visant à démontrer la performance de ces masques au regard des critères énoncés dans la note, peut demander via cette adresse : masques.dge@finances.gouv.fr, la publication par le Gouvernement de ces essais.

> Cette publication se fera sur le site : www.entreprises.gouv.fr/covid-19/liste-des-tests-masques-de-protection, après contrôle de la recevabilité de la demande.

Augmenter la capacité de production nationale

Un appel à propositions a été lancé par la Direction générale des entreprises du ministère de l’Economie et des Finances, en lien avec le comité stratégique de filière Mode et Luxe du Conseil national de l’industrie, les pôles de compétitivité Euramaterials et Techtera, l’Union des industries textiles (UIT), l’Union française mode et habillement (UFIMH) et l’Institut Français du Textile et de l’Habillement, à destination d’entreprises prêtes à proposer des solutions pour augmenter la capacité de production nationale. Cet appel à propositions a été accompagné d’un cahier des charges élaboré par la Direction Générale de l’Armement (DGA) du ministère des Armées.

Plusieurs centaines d’entreprises et groupements d’entreprises ont d’ores et déjà proposé des solutions alternatives. Ces propositions ont fait l’objet de tests conduits par la DGA, conduisant au 30 mars à la validation de 85 prototypes proposés par 45 entreprises répondant aux exigences respectives de ces deux catégories. La liste de ces producteurs ainsi que les résultats des tests des entreprises qui en feront la demande seront publiés sur le site de la DGE : www.entreprises.gouv.fr/covid-19/liste-des-tests-masques-de-protection.