Toute l'actualité sur la Santé et Sécurité au Travail

Actualités

Santé & Sécurité au Travail 18 févr. 2026 16:05:26

Le médico-social souffre !

L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publie un rapport critique sur les résultats décevants des politiques de prévention des risques professionnels dans les établissements et services pour personnes âgées et handicapées. Ce troisième volet, dédié à l’attractivité des métiers du champ social et rendu public le 6 février 2026, cible l’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Piloté par Nadiège Baille, Sarah Bartoli et Lucile Olier, il propose une stratégie nationale chiffrée à 300 millions d’euros annuels de 2026 à 2030.

Sinistralité alarmante et coûts exorbitants

Le rapport de juillet 2025 dresse un constat alarmant : en 2023, la fréquence des accidents du travail atteint 70 pour 1 000 salariés, soit 2,5 fois la moyenne nationale et 1,7 fois celle du BTP. Cette sinistralité génère 20 000 équivalents temps pleins (ETP) perdus en absentéisme lié aux accidents du travail et maladies professionnelles (ATMP), coûtant près de 0,9 milliard d’euros. Elle entraîne des départs précoces pour inaptitude, un turn-over élevé et un recours massif à l’intérim, désorganisant les établissements et alourdissant leurs budgets.​

Bilan mitigé et freins structurels

Les initiatives récentes affichent un « bilan en demi-teinte ». La branche autonomie (2021) et les fonds de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) n’ont pas réorienté la stratégie, avec des crédits flous et mal ciblés. Le fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle (Fipu), lancé en 2024, passe de 3 à 8,7 millions d’euros (2022-2024), mais reste insuffisant face à une culture préventive faible, selon les Carsat interrogées. Les faiblesses structurelles persistent : dérogations à la tarification AT/MP démotivent les employeurs ; les plans Ségur manquent de cadre pour les Agences régionales de santé (ARS) ; l’aide à domicile est pénalisée par la tarification horaire de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), morcelant les emplois du temps et maintenant de bas salaires.​

Stratégie préventive et organisme dédié

L’Igas préconise une approche globale (gouvernance, financement/équipement, formation) jusqu’en 2030, fondée sur une instruction-cadre « zéro port de charge délétère pour la santé » et un pilotage renforcé via le plan attractivité. Sur le terrain, création d’un organisme national dédié à la prévention dans le médico-social (public/privé), doté de 50 ETP. Financement initial : 30% Fipu, subvention branche autonomie, contributions publiques ; à terme, cotisation employeurs et prestations tarifées. Concertation avec les acteurs, s’appuyant sur l’observatoire QVCT de la branche aide à domicile (BAD) et l’organisme paritaire de prévention (OPP) naissant de la branche associative (BASS).

Équipements, organisation et financement

Les mesures incluent : 100% des chambres Ehpad et maisons d’accueil spécialisées (MAS) équipées de rails plafonniers en 10 ans ; matériels de manutention (y compris domicile) ; réseau territorial de préventeurs. Soutien à la transformation managériale via des modèles probants comme Buurtzorg (autonomisation des équipes) ou l’Ehpad Kersalic (accompagnement au rythme des résidents). Financement des 300 M€ annuels : +30 M€ Fipu ; fonds FPUP ESMS (établissements publics) ; fonds sinistralité porté à 20 M€ ; appels à manifestation d’intérêt ARS (30 M€/an). Une contribution additionnelle de 5-20 M€/an est requise pour équilibrer l’ensemble.​

Photo d’illustration © Getty Images

Sur le même sujet

Vidéo du mois

MASCOT - MASCOT®

Annuaire

Trouvez tous les prestataires de la Santé et Sécurité au Travail

S'abonner à la newsletter

Tous les 15 jours, recevez par email toute l'actualité sur la Santé et Sécurité au Travail.