Plan santé au travail dans la fonction publique
La santé au travail devient un enjeu stratégique majeur pour la gestion des ressources humaines dans la fonction publique territoriale. L'essor des arrêts maladie, l'aggravation des risques psychosociaux, l'usure de certains métiers et les pénuries de recrutement transforment radicalement les politiques de prévention.
Dans ce cadre alarmant, la DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique) prépare un nouveau plan santé au travail, attendu pour l'été 2026, qui remplacera le plan 2022-2025, dont le bilan de juin 2025 révèle des faiblesses criantes.
Bilan mitigé du plan 2022-2025
Le précédent plan ambitionnait une prévention ambitieuse et partagée entre État, territorial et hospitalier. Ses axes clés – prévention des risques, suivi médical renforcé, culture commune de la prévention et coordination des acteurs – se heurtent à une mise en œuvre inégale. Dans les collectivités territoriales, le document unique d'évaluation des risques (DUER) reste souvent une formalité administrative, faute de temps, de compétences ou d'indicateurs fiables. La pénurie de médecins du travail complique le suivi des agents, affaiblit la prévention primaire et limite l'ajustement des stratégies RH. Globalement trop large, ce plan manque d'opérationnalité, creusant l'écart entre obligations réglementaires et pratiques terrain.
Malgré des avancées théoriques, comme le développement du dialogue social ou l'amélioration des conditions de travail, les résultats déçoivent. Les employeurs peinent à intégrer la santé au travail dans leur pilotage global, percevant le DUER comme un exercice bureaucratique plutôt qu'un outil d'analyse, de priorisation et de décision. Ce constat appelle une réorientation profonde pour restaurer efficacité et lisibilité.
Vers un plan 2026 recentré et exigeant
Le futur plan, finalisé d'ici l'été 2026, opère un virage assumé : plus resserré sur des priorités précises comme les troubles musculosquelettiques (TMS), les risques psychosociaux (RPS), l'usure professionnelle et le maintien en emploi. Il cible des actions concrètes, loin de l'approche englobante précédente. Ce recentrage renforce explicitement la responsabilité des employeurs publics, plaçant les directions RH et générales au cœur du dispositif.
Désormais, la prévention s'intègre au management quotidien, au dialogue social et à la qualité de vie au travail (QVT). Pour les collectivités territoriales, cela implique un pilotage outillé : indicateurs partagés, coopération accrue avec les services de prévention, et professionnalisation managériale. Le plan diffusera des référentiels pratiques et bonnes pratiques adaptés aux réalités locales – petites structures, contraintes budgétaires –, favorisant un accompagnement concret.
Perspectives pour une fonction publique résiliente
Ce nouveau cadre marque une évolution décisive. En dépassant les limites du plan 2022-2025, il transforme la santé au travail en levier de performance et d'attractivité. Les collectivités gagneront en autonomie via des outils opérationnels, réduisant absentéisme et risques. L'enjeu : bâtir des organisations saines, où prévention rime avec efficacité collective.
Finalement, ce plan 2026 incarne une vision mature : recentrée sur l'humain, actionnable et mesurable. Il répond aux défis démographiques et sociétaux, sécurisant les agents tout en optimisant les services publics. Une étape clé pour une fonction publique territoriale performante et protectrice.


